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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/577

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Quelque chose à jamais fidèle et qui me reste :
— Le serment qu’un sincère amour ne peut mourir. —

Tout ce que j’ai senti dans mes beaux jours d’enfance
Lorsque l’orgue enchantait mon cœur simple et pieux,
Toute l’ancienne extase et toute l’innocence
Revivent dans ces mots profonds comme les cieux.

« Appelle-moi ton âme ! » Hélas ! quand donc pourrai-je,
Te tenant embrassée et les yeux dans tes yeux,
Comme un magicien prononce un sortilège,
Te répéter ces mots qui font qu’on aime mieux ?

Que ce soit donc bientôt, — et sur une colline,
Le soir, pour qu’en sentant s’en aller à leur tour
Ces instants enchantés d’émotion divine,
Je te dise tout bas : « Car la vie est un jour. »

C’est qu’il faut, pour goûter amèrement la vie,
Sentir qu’elle s’écroule et ne reviendra plus :
Alors il naît en nous une âpre et sourde envie
D’être heureux pour les jours que nous avons perdus.

L’amant est plus ému, plus tendre la maîtresse ;
Un alanguissement semble tomber des cieux ;
Et la beauté du soir mêlée à leur ivresse
Fait couler lentement les larmes de leurs yeux.

(Edel.)

CHANSON DE BRETAGNE

Rien n’arrête celui que l’amour accompagne :
Glace ou neige, pluie ou grésil, âpres sentiers !
Pour te suivre à travers le bois et la campagne
J’ai perdu mes sabots et déchiré mes pieds.

C’est qu’elle est comme moi bien jeune, mon amante.
Dix-sept ans, et jolie, et si fraîche, — ô ma fleur’
Son regard est brûlant, sa parole clémente,
Et c’est une prison où j’enferme mon cœur.

A quoi la comparer ? A la Rose-Marie,
Cette rose d’amour, blanche comme un jasmin,