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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/508

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LA LYRE

Quand l’artiste divin voulut créer la lyre,
Il troubla pour un temps le saint repos des cieux.
Empressés à sa voix, ses messagers pieux
Apportaient sous ses doigts les notes qu’il désire.

Des hymnes de la vierge et de l’enfant joyeux,
Il fit la corde d’or qui dans l’azur soupire ;
Des chansons de l’amour où frémit le délire,
Il fit celle d’argent au son mystérieux.

De la voix des héros, des cris de l’homme libre,
Il fit celle d’airain qui dans l’avenir vibre ;
Puis, essayant l’accord, il entendit des pleurs :

C’étaient ceux des martyrs couverts d’ignominie,
Qui, répondant au Christ à son bois d’agonie,
Venaient y joindre encor la corde des douleurs.

(Choix de poésies.)

CHANSON GRISE

Chanson grise

Que la brise
Emporte loin de mes pas,
Voix perdue
Sous la nue,
Dont l’écho ne revient pas ;

Comme un rêve,
Vers la grève
Tu vas gémir sur les flots :
Ta voix chère
Et légère
Ne sait plus que des sanglots !

Voix si pure
Qui murmure,
J’attends en vain ton retour…