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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/491

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Que lorsqu’elle jaillit du cerveau de Virgile,
Toujours prête à l’éveil en s’entendant nommer,
Morte pour tous, hormis pour qui la sait aim ert

(Le Sol sacré.)

LA PLAINTE

J’ai dit aux bois toute ma peine.
Et les bois en ont soupiré ;
J’ai dit mon mal à la fontaine,
Et la fontaine en a pleuré ;

Je l’ai dit à l’oiseau qui chante,
Et l’oiseau tristement s’est tu ;
Je l’ai dit à l’étoile ardente,
Qui par un signe a répondu.

Je l’ai dit a la fleur cachée
Dans l’herbe épaisse, sous mes pieds ;
Je l’ai dit à la fleur penchée
Sur ma tête, dans les sentiers.

Et vite elles ont sur ma plaie
Répandu, prises de pitié,
Fleurs du gazon ou de la haie,
Le parfum de leur amitié !

— Ah ! lorsque toute la nature
Ainsi prend part a mes douleurs ;
Quand le vent qui passe et murmure
Sur son aile emporte mes pleurs,

Voudras-tu pas aussi m’entendre,
Réponds, toi qui les fais couler,
Et, plus douce alors et plus tendre,
Voudras-tu pas me consoler ?

(Lacrymse rerum.)

A LA LUNE

Catafalque d’argent de races en poussière,
Je ne puis contempler ta blancheur sans effroi.
O lune, globe éteint d’où rayonne le froid,
Tu fais luire à nos yeux la mort de la matière.