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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/443

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La barque sous les hautes branches
Glisse à travers les roses blanches
Des nénuphars.

Parmi les feuillages dissoute,
La fraîcheur du soir, goutte à goutte.
Répand des pleurs mystérieux,
Et leur chute dans l’eau qui tremble
Nous berce avec un chant qui semble
Tomber des cieuz…

O mes amis, la nuit sereine !
Riez, mais qu’on entende à peine
Vos rires… Ne réveillez pas
La réalité douloureuse
Qui dans’une ombre vaporeuse
S’endort là-bas !…

Chantez !… Sous la voûte qui pleure,
Les yeux mi-clos, oubliant l’heure,
Je vais rêver au fil de l’eau,
Comme un entant que sa nourrice
Câline, afin qu’il s’assoupisse
Dans son berceau…

(Jardin d’automne.)

CARILLONS DE NOËL

Le vieux sonneur monte au clocher,
Jusqu’aux meurtrières béantes
Où les corneilles vont nicher,
Et, chétif, il vient se percher
Au milieu des poutres géantes.

Dans les ténèbres où ne luit
Qu’un falot pendant aux solives,
Il s’agite et mène grand bruit
Pour mettre en danse cette nuit
Les battants des cloches massives.

Joyeuses, avec un son clair,
Les voix des cloches, par le faite
Des lucarnes, s’en vont dans l’air