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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/422

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— Si ma belle sauvage
Croit m’échapper ainsi,
Je me jette à la nage,
Je la ramène ici !

— Tu crois tenir la fille,
Mon beau nageur, mais vois :
Je me suis faite anguille !

Je glisse entre tes doigts !

— Anguille, qui t’empêche ?
Glisse aux doigts du nageur ;
Mais le pêcheur te pêche,
El c’est moi le pêcheur !

— Alors je suis l’eau vive
Dans ce jatrdin si beau.
— Et moi, je suis la rive
Ou le lit du ruisseau !

— Alors, rose vermeille,
Je fleuris au jardin…
— Je serai donc l’abeille,
Pour dormir sur ton sein !

— Eh bien, je suis étoile !
— Et moi… nuage aux cieux,
J’y flotte comme un voile
Sur ta bouche et tes yeux.

— Si tu t’es fait nuage,…
Me voici maintenant
La nonne la plus sage
Enfermée au couvent !

— Oh ! va, tu peux te mettre
Dans le couvent sacré :
Je me ferai le prêtre…
Je te confesserai !

— Sois le prêtre, qu’importe ?
Vois-tu pâlir mon front ?
Je suis la pauvre morte…
Les nonnes pleureront.