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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/38

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Les dieux eux-mêmes meurent,
Mais les vers souverains
Demeurent,
Plus, forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
Que ton rêve flottant
Se scelle
Dans le bloc résistant !

(Émaux et Camées.)

DIAMANT DU CŒUR

Tout amoureux, de sa maltresse,
Sur son cœur ou dans son tiroir,
Possède un gage qu’il caresse
Aux jours de regret ou d’espoir.

L’un d’une chevelure noire,
Par un sourire encouragé,
A pris une boucle que moire
Un reflet bleu d’aile de geai.

L’autre a, sur un cou blanc qui ploie,
Coupé par derrière un flocon
Retors et fin comme la soie
Que l’on dévide du cocon.

Un troisième, au fond d’une boîte,
Reliquaire du souvenir,
Cache un gant blanc de forme étroite,
Où nulle main ne peut tenir.

Cet autre pour s’en faire un charme,
Dans un sachet, d’un chiffre orné,
Coud des violettes de Parme,
Frais cadeau qu’on reprend fané.

Celui-ci baise la pantoufle
Que Cendrillon perdit un soir ;
Et celui-là conserve un souffle
Dans la barbe d’un masque noir.

Moi, je n’ai ni boucle lustrée.
Ni gant, ni bouquet, ni soulier,