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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/308

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Et le loup-garou des sabbats,
Malgré la faim qui le harcèle,
Préfère sa misère à celle
Qui n’a point d’égale ici-bas ;

Et ceux de la tourbe, du soufre,
De la fange, — peuple initié
Par la torture à la pitié, —
Disent : « Voici celui qui souffre ! »

Est-ce tout ?… Ab ! ce bruit d’essieux !…
Grâce, tombereau qui l’écrases !…
Mais non, le héros rend sans phrases
Sa petite âme au roi des cieux !

(La Lyre brisée.)

BALLADE POUR MES MORTS

Nature, qui les as repris,
Où sont-ils, et dans quels royaumes
De ton empire, ces Esprits
Dont j’évoque en vain les fantômes ?
Qu’en as-tu fait ? A quels symptômes,
Depuis qu’ils y sont répartis,
Reconnaître leurs chers atomes ?…
Tous ceux que j’aimais sont partis.

Où est Gautier, âme sans prix ?
Flaubert, bon géant chez des gnomes ?
Las ! dissipés dans le pourpris
Du temple d’azur aux sept dômes !…
Sur Banville, j’ai dit les psaumes,
Puis le créole aux vers sertis
Dans les rythmes grecs et les nômes.
Tous ceux que j’aimais sont partis.

Initiés du Verbe, épris
Du mystère des idiomes,
Pacifiques sous les mépris
Des Tallemants et des Brantômes,
O mes maîtres, les chrysostomes,
Tisserands des tons assortis