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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/289

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Avec un bichon nommé Gille,
Chien de Pierrot, blanc comme lui.

Aux vallons déserts qu’un désastre
Combla de rocs et de sapins
Et que l’ombre des monts alpins
Surplombe d’une nuit sans astre,

Nul ne dirait : « Tiens, Séléné ! »
A sa blanche et ronde figure.
Mais Gille en la vallée obscure
Hurla trois fois, l’air consterné.

« Qu’est-ce, Gillot ? Dans l’herbe brune
Quelque épine au nez te blessa ? »
Dit Pierrot. Ce n’était pas ça :
Son chien le prenait pour la lune !

(Poésies nouvelles ; 1893.)

LE POÈTE SE SOUVIENT D’UNE FLEUR CUEILLIE AU PRINTEMPS

Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde
Eveilla, malice ou mégarde,
Mon désir pas encor viril.

C’est ta bouche au rose grésil
Qui fut pour ton page, Hildegarde,
Une rose d’un mois d’avril
Sous une étoile qui regarde.

J’ai connu les deuils, le péril,
Depuis, et l’angoisse hagarde !
Mais qu’importe, puisque je garde
Fraîche en mon vieux cœur puéril
Une rose d’un mois d’avril !

(La Grive des Vignes.)