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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/271

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Une image, un reflet diaphane et subtil
Par qui nos yeux encor se pourront reconnaître !

« Ou bien suffira-t-il d’un invisible effort
Du souvenir tenace et du penser fidèle
Pour renouer, au sein d’une extase éternelle,
Les longs fils de l’amour mal tranchés par la mort ?

« Quel que soit le mystère, à nos vœux insondable
Comme celui du jour, de la vie et du temps,
Qui doit nous réunir, j’y compte, et je l’attends,
Comme j’attends demain l’agonie implacable ;

« Car vous restez, ô Morts, par qui l’on est hanté,
Trop présents à nos yeux que votre aspect console,
Trop actifs sous nos fronts qu’emplit votre parole
Pour n’être pas encore une réalité ! »

Ainsi je les implore, ainsi je leur demandé
Pardon pour mon ingratitude et mes oublis,
Afin qu’aux jours prochains des destins accomplis
Leur clémence m’accueille et leur bonté m’attende ;

Et, dans l’angle où s’éteint ma lampe, j’ai pu voir
Leur pâleur me sourire et leurs longs bras se tendre
Pour m’entraîner vers l’ombre, où je crois les entendre
Chuchoter, en partant, l’appel du grand espoir.

(Images fuyantes.)