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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/220

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Fils de riches commerçants, Edouard Pailleron, né à Paris le 17 septembre 1834, mort à Paris le 19 avril 1899, fit son droit à l’université de cette ville et travailla pendant quelque temps dans une étude de notaire, qu’il abandonna bientôt pour s’engager comme volontaire dans l’armée. Mais au bout de deux années, il fut las de la caserne et se fit remplacer. Il partit pour l’Afrique et visita ensuite l’Italie et la Suisse, le sac au dos.

En 1860, il publiait un volume de vers, Les Parasites, où il « faisait claquer, — un peu trop, peut-être, — le fouet de Juvénal ». Son second volume de vers, Amours et Haines, parut en 1869. Il contenait plusieurs pièces d’un joli accent ému et personnel ; on y trouve de l’ironie et du pathétique, de la mélancolie et de l’allégresse.

La vraie vocation d’Edouard Pailleron paraît cependant avoir été le théâtre. Dès 1860, il faisait jouer à l’Odéon une petite comédie, Le Parasite, qui fut favorablement accueillie. Il réussit davantage avec Le Mur mitoyen (1862, Odéon), puis avec Le Dernier Quartier (I863, Théâtre-Français), où il déployait des qualités de finesse, de gaieté, d’ingéniosité, d’esprit, et une entente technique de la scène que peu d’auteurs ont dépassées. Le Monde ou L’on s’amuse (1868, Gymnase) et Les Faux Ménages {1809, Théâtre-Français) marquèrent un progrès notable dans la manière du dramaturge et commencèrent sa véritable réputation. Viennent ensuite au Théâtre-Français : Hélène (1872), L’Autre Motif (1872), Petite Pluie (1876), et au Gymnase L’Age ingrat (1879), comédie assez forte qui réussit.

En 1881, Pailleron produisait au Théâtre-Français son chefd’œuvre, Le Monde ou l’on s’ennuie, l’une des satires les plus amusantes et les plus mordantes que l’on ait données sur les salons académiques, que l’auteur connaissait à merveille, car il ne se présentait guère de candidat à l’Académie française qui ne se crût obligé à solliciter son appui. Le succès fut énorme. Le Monde ou l’on s’ennuie fut joué des milliers de fois sur les scènes de la province et de l’étranger. Il valut à son auteur son entrée à l’Académie, où, le 7 décembre 1882, il remplaça Charles Blanc.

Mais Pailleron sembla avoir épuisé sa veine, et il en souffrit. Ses dernières pièces, Le Narcotique (1882), La Souris (1887), Cabotins ! (1894), n’eurent qu’un succès d’estime.