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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/21

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nique en est achevée. Les poètes, en effet, sont, plus que personne, intéressés à multiplier leurs moyens d’expression, et celui des poètes français qui s’est révélé le mieux doué par l’organisation et par la volonté, Victor Hugo, n’a pas inventé un rythme nouveau (sauf l’emploi qu’il a fait de l’alexandrin ternaire avec suppression de la césure médiane). Aussi longtemps que l’oreille française demeurera ce qu’elle est, ce que l’ont faite une longue hérédité et le pli d’une éducation qui ne l’a jamais blessée, il est improbable qu’une réforme des lois du rythme fasse fortune et s’établisse. Si l’on veut bien réfléchir au nombre immense de Français qui se sont exercés à faire des vers par un penchant naturel de leur esprit, ne trouverait-on pas surprenant, invraisemblable au plus haut point, qu’une sorte de mesure fût encore à découvrir capable de rendre quelque service important à l’expression des mouvements de l’âme ? J’accorde que la mise en usage de l’alexandrin ternaire sans césure médiane, et aussi du vers de dix syllabes avec césure médiane, a été pourtant fort tardive ; mais on conviendra que ces deux formes ne sauraient être que très exceptionnelles, car elles frappent l’ouïe d’un martellement très vite fatigant, ce qui explique assez qu’elles aient été jusqu’à présent négligées par l’instinct qui préside à la recherche des mesures agréables chez les hommes doués pour en jouir.

Je ne nommerai aucun de mes confrères vivants qui ont contribué à la composition du présent recueil. Si la manière dont les morceaux