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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/206

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Là, comme ailleurs, le succès couronna ses efforts et ses œuvres. Aussitôt l’apparition de son premier volume : Le Verger d’Isaure, un public d’élite s’attacha au lamartinien qu’il f fut dés l’abord, et l’Académie honora de ses prix Livingstone, Les Grands Cœurs et La Côte d’Azur, ce bel ouvrago devenu populaire dans le monde entier.

Grand admirateur de l’architecture des xv« et xvi* siècles M. Stéphen Liégoard a fait bâtir récemment près de Govrey (Côtc-d’Or) un élégant château Renaissance Henri II, le château de Brochon, magnifique résidence, entourée de parcs et de jardins où se trouvent religieusement conservés un pavillon habité jadis par le grand Crébillon, et une allée de tilleuls où l’auteur d’Electre et de Rhadamiste se promenait en méditant. Quand il n’habite pas Brochon, M. Liégcard réside soit à Paris, soit à Cannes, où il possède une féerique villa, la villa des Violettes, située sur la côte d’Azur, sa « filleule ». Il est possesseur encore à Dijon d’un vieil et superbe hôtel qui porte son nom. Admirablement conservé’ et entretenu, cet hôtel fut iadis habité par Vauban et par d’autres personnages illustres dans les fastes de la Bourgogue. Protecteur et ami des arts et des lettres, l’action de M. Stéphen Licgeard peut se comparer à celle des grands seigneurs lettrés d’autrefois ; il a su y joindre le prestige du philanthrope, en présidant avec tant de maîtrise la Société d’encouragement au bien, où il a remplacé Jules Simon.

Parmi les récents ouvrages de M. Liégeard, il convient de citer Rêves et Combats (1892), Les Saisons et les Mois (1899), qui contiennent nombre de pièces d’une grande beauté ; Pages françaises (1902), études critiques d’art et de littérature et discours prononcés dans diverses solennités, pages éloquentes et noblement patriotiques, et, enfin, cette belle Ode aux Boers (1902), dédiée au général de la Rey et destinée à être comprise en un volume en préparation.

SONGE BLEU

… Portaque emittit eburna.

Virgile.

Par la porte d’ivoire, au seuil des nuits sereines,
Voici venir le Songe, enfant du pâle azur ;
De son char de saphir sa main saisit les rênes,
Puis les bleus papillons l’entraînent d’un vol sûr.

Il passe, et son bruit, doux comme un chant de sirènes,
Berce, dans son sommeil, la vierge, ce lis pur.
II