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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/191

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Elle sautait, allait, venait,
Comme un volant sur la raquette :
Fraîche sous son petit bonnet.
Belle à ravir et point coquette.

Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes ;
Et la gourmande en veut manger,
Arrivée au fond du verger.
L’arbre est bas ; sans se déranger
Elle en fait tomber quelques-unes :
Arrivée au fond du verger,
Ma cousine lorgne les prunes.

Elle en prend une, elle la mord,
Et me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.
Mon pauvre cœur battait si fort…
Elle en prend une, elle la mord.
Ses petites dents sur le bord
Avaient fait des points de dentelle…
Elle en prend une, elle la mord.
Et, me l’offrant : « Tiens !… » me dit-elle.
Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses…
(Si j’avais su ce que je sais !…)
Ce fut tout, mais ce fut assez.
Je mordis, comme vous pensez,
Sur la trace des lèvres roses :
Ce fut tout, mais ce fut assez ;
Ce seul fruit disait bien des choses.

A MES LECTRICES

Oui, mesdames, voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes :
N’allez pas l’entendre autrement ;
Oui, mesdames, voilà comment.
Si parmi vous, pourtant, d’aucunes
Le comprenaient différemment,
Ma foi, tant pis ! voilà comment
Nous nous aimâmes pour des prunes.

(Les Amoureuses.)