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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/183

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L’enfant, c’est le soleil qui rit dans la maison,
Le renouveau de Dieu dans l’arrière-saison.
Arbres découronnés, quand la jeunesse est morte,
Quand le printemps nous quitte et tout ce qu’il emporte,
Sur nos bras blanchissants qui frissonnent à l’air,
Un bourgeon a poussé pour sourire à l’hiver.

L’enfant parait : sa vue éclaircit les visages ;
Il sourit : son sourire a chassé les nuages ;
Il parle : 6 talisman de ses mots ingénus !
Il marche, et nos soucis meurent sous ses pieds nus !
On l’appelle : il accourt avec beaucoup de zèle,
Par bonds, comme un oiseau dont on a coupé l’aile,
Il s’avance étonné de la terre, indécis,
Gauche comme un Amour tombé du paradis !

Rien n’a taché son cœur, rien n’a souillé sa lèvre,
Vierge comme le lait dont à peine on le sèvre.
II n’a pas encor fait ni trahi de serment.
Jamais il ne rougit, car jamais il ne ment.
Mais on rougit souvent devant lui, juge austère I
Il est très redouté ; nul coupable mystère,
Lorsque le petit ange accourt le front joyeux.
N’ose affronter le ciel qui brille dans ses yeux !
Près de lui la pensée impure est sacrilège.
Qui te profanerait, front blanc et cœur de neige ?
O bienheureux l’enfant candide et triomphant ?
Bienheureux l’homme fait qui ressemble à l’enfant !
Mais, pour qu’il s’en rapproche, 6 mères, prenez gardeI
Quand vous l’élèverez, car cela vous regarde,
Et pour qu’en grandisant, grandisse aussi son cœur,
De lui verser tout jeune une bonne liqueur ;
Si douce qu’elle soit, il se peut qu’il l’oublie.
Mais il en gardera le goût toute sa vie.
Et tous ses souvenirs en seront parfumés
Comme de vos baisers sur sa lèvre imprimés.

LA POUPÉE OUVERTE

Madeleine, une enfant, était fort occupée,
Tout en riant à belles dents,