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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/159

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— Devant elle, le voyageur
Arrêta son cheval sauvage ;

Et, se courbant soudain, il dit :
« AllahI comme vous êtes belle !
Veux-tu fuir ce désert maudit ?
Je t’aime, et te serai fidèle. »

L’enfant le regarda longtemps ;
Et, se soulevant avec peine :
« Tu n’es pas celui que j’attends,
O voyageur au front d’ébène !

« Un autre a déjà mon amour ;
Et mon amour, c’est tout mon être.
J’attends ici le giaour
Qui reviendra, ce soir, peut-être !

« Mais… ce collier d’ambre, veux-tu ?
Tiens ! prends ! et qu’Allah te conduise !
— La main sombre de l’inconnu
Tourmentait sa dague, indécise. —

« O perle du désert ! dis-moi :
Si le giaour infidèle
Ne s’en revenait plus vers toi ?
— Je te comprends bien, lui dit-elle :

« Mais je m’appelle Zaïra.
Va, mon cœur l’aimerait quand même :
Je suis de la tribu d’Azra ;
Chez nous on meurt lorsque l’on aime ! »