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Je chante la véritable histoire
Du vaillant peuple, et la victoire
Des guerriers sur le Rhin et la Loire
Couverts de la plus brillante gloire.
Je chante tout cela dans mes délicieuses romances,
Tandis que Paris m’accompagne de ses danses.
   La contredanse s’organise, le chœur des gardes nationaux se rapproche des dames du ballet ; les Turcos se livrent à toutes sortes de cabrioles excentriques. Jules Favre continue son discours jusqu’au rideau. On ne saisit que quelques mots tels que : « Honte éternelle ! Jamais ! Jamais ! Jamais ! Les exigences du barbare ! Pas une seule pierre ! », le tout ponctué de gestes dramatiques — malgré les efforts tentés par Jules Ferry pour le calmer. Jules Simon note, à la hâte, les vers que déclame Hugo. Gambetta. toujours muni de sa lorgnette, suit la scène au travers, et chante dans son porte-voix en même temps que le chœur qui reprend les refrains. Mais il ne se soucie aucunement de la mesure et finit toujours après les autres.
Le Chœur, dirigé par Offenbach. —
Dansons ! Chantons !
Mirliton ! ton ! ton !
C’est le génie de la France
Qui veut qu’on chante et qu’on danse !
Hugo, débitant son récitatif en s’accompagnant sur une lyre d’or. —
Tout ce qui est historique
N’est qu’un trait.
Quant au lyrisme le plus pur.
C’est moi qui le fais.
C’est moi le vrai génie de la France.
Je ne perds jamais contenance
Victoire ! Gloire !
J’annonce tout !
Civilisation,
Pommade, savon,
Ce sont là mes plus belles passions.
Chantez, dansez,
Allez aux soupers,
Je veux qu’en France on s’amuse
Et je n’ai pas besoin d’excuse.
Offenbach, commandant. — Chaîne des dames ! (On danse)
Le Chœur, dansant. —
Dansons ! Chantons !
Aimons ! Soupons !
C’est le génie de la France
Qui veut qu’on chante et qu’on danse !
Hugo. — Les Barbares ont passé le Rhin,
Miriton ! Miriton ! tontaine !
Nous nous sommes tous réfugiés à Metz,