Ouvrir le menu principal

Page:Wagner - Une capitulation, Leduc.djvu/24

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Le Chœur. — Malédiction ! Je meurs de honte !
                Toute l’Europe est là.
                J’entends l’Orchestre
                Et l’Opéra se fait toujours attendre !
                Perrin ! Perrin ! ouvre l’Opéra
                Ou nous allons arranger le gouvernement...
Perrin. — Citoyens, j’ai fait ce que j’ai pu. Mais je ne suis pas en ballon. Adressez-vous au gouvernement.
Ferry. — Ça devient compromettant. (Montrant ses mains vides) Hé ! Gambetta, tâche donc d’amener ici des comédiens !
Gambetta, se rapprochant de la scène. — Où y a-t-il des comédiens ?
Le Chœur. — Les costumes, les costumes nécessaires !
Gambetta, à Nadar. — Nadar, que dois-je faire ?
Nadar, jetant un coup d’œil. — Regarde devant toi. Fais bien attention aux câbles, il ne s’agit pas de s’accrocher encore une fois aux églises ! Derrière les coulisses ! Derrière les coulisses !
Le ballon évolue au-dessus de la scène.
Le Chœur. — Maintenant, est-ce la bonne direction ?
                Tends le câble derrière les coulisses !
                Cordon, cordon, cordon, s’il vous plait !
                Coulisses, costumes et tschenperetœh !
   On entend à ce moment, dans le souterrain, un grand bruit de chaudrons cognés les uns contre les autres.
Voix Souterraines. — Poumperoumpoum ! poumpoum ! ratterah !
                             Ça ira ! Ça ira ! Ça ira !
                             Aristocrats, crats ! crats !
                             Courage ! En avant ! Rats, Rats !
                             Les rats ! Les rats ! Poumpoum, ratterah !
Mottu. — Trahison ! Aux armes, citoyens ! Formez le bataillon !
Le Chœur, se mettant en rang. — Aux armes ! Aux armes !
Voix de Flourens, sous terre. — En avant ! Avancez-donc ! Le bélier en avant !
   Du trou du souffleur sort Hugo avec deux cornes de bélier sur la tête et une cotte de mailles sur le corps.
Hugo. — Malheur ! Malheur ! Trahison ! Trahison !
Le Chœur. — Toi, Victor ! Que viens-tu faire ici, polisson ?
Hugo. — C’est pour vous sauver que la France m’a armé.
         Les armes, la cuirasse, la cotte de mailles,
         Instruments de civilisation !
La Voix de Flourens. — Assez de bavardages ! En avant ! Portez armes ! Ho ! Hé ! Marche.
   Hugo, marchant comme un personnage mécanique, essaye quelques pas et est renversé. — Dispersion du chœur. — Hugo git de tout son long sur le sol. Flourens,