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Page:Wagner - Une capitulation, Leduc.djvu/23

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à son comble. (Cris de joie du chœur).
Perrin. — Ah ! Je reconnais mon monde !
Le Chœur, criant — Ohé ! Ohé ! Qu’on amène le ballet !
Nadar, détachant le ballon pour la deuxième fois. — Tiens-toi bien, Gambetta !
Gambetta. — Nous repartons ? Où cela ?
Nadar. — Dans les airs.
   Sa tête disparait dans l’intérieur du ballon, qui se balance un moment d’un côté et d’autre ; il est tantôt au-dessus de l’orchestre, tantôt au-dessous du chœur, mais toujours assez loin du public.
Le Chœur, saluant le départ du ballon. —
Ô toi, charmant Gambetta,
Ô toi, joyeuse trompetta,
Ô vaisseau des airs
Qui navigue dans l’éther.
Tu vois qu’ils dansent, tu entends qu’ils chantent
Oh ! amène-les nous par dessus les retranchements.
Gambetta, à Nadar. — Où sommes-nous, en ce moment ?
La Voix de Nadar. — Tu peux bien le voir toi-même.
Gambetta. — Ma tête tourne.
La Voix de Nadar. — Dans ce cas, raconte des blagues !
Le Chœur. — Oh ! oui ; raconte des blagues ! Parle, parle encore. Écoute,

vois-tu encore l’armée des Barbares ?

Gambetta, laissant Nadar orienter la lorgnette du côté du public. — Ah !
Le Chœur. — Ah !
Gambetta. — Je vois beaucoup de monde, ce sont nos alliés, Je les reconnais. On nous sourit.
Le Chœur. — Comment ! Garibaldi est à nos portes ?
Gambetta. — Mais non, pas Garibaldi, l’Europe, l’Europe entière qui est intervenue et qui vient à nous. Par ici il y a l’Angleterre, la chambre des lords et la chambre des communes. Par là, j’aperçois la Russie, la Pologne et les Cosaques ! De ce côté, l’Espagne, le Portugal et les Juifs.
Le Chœur. — Et les Allemands ?
Gambetta. — Ils sont avec les autres. Ils ont capitulé et ils ne cachent pas leur joie de pouvoir reparaître dans nos théâtres.
Le Chœur, hurlant de joie. — Canonnez ! Canonnez !
                                     Quand commencera-t-on ?
                                     Tonnère. Paraplue !
                                     Quand Trochu se décidera-t-il ?
Favre et Ferry s’embrassent. Allégresse du public.
Perrin. — Ah ! Je reconnais ce bruit. Mais, avec tout cela, je n’ai pas ma troupe. Comment rouvrir l’Opéra ? Comment monter le ballet ?