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Page:Wagner - Une capitulation, Leduc.djvu/21

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jourd’hui
   (Chantant) " Vous ne l’aurez pas, le Rhin libre allemand ! "
 (Parlé) Ainsi répond un spirituel poète français. C’est ce qui vous explique, citoyens, pourquoi je quitte cette terre d’esclaves et m’élève dans les airs. Citoyens, fiez-vous à l’air ! C’est par lui que vous viendra le salut. Vous pouvez m’en croire. Avant peu l’Europe et les Prussiens ébahis me verront atterrir près du Rhin, mener les soldats de Metz et de Strasbourg à la victoire et constituer Tropmann prisonnier dans Sedan.
Perrin. — Tu ferais mieux d’amener la troupe de l’Opéra.
Le Chœur. — Oui, cela vaudrait mieux.
Gambetta. — Descends-donc un peu, Nadar ; ils ne comprennent rien à ce que je dis, en bas !
La Voix de Nadar. — Au contraire, montons. Plus nous serons haut et mieux ils saisiront. Lâchez tout !

Le chœur lâche les cordes. Le ballon s’élève parmi les cris de joie de l’assistance.

Gambetta, forçant sa voix. — Adieu, citoyens, le vaisseau de la République m’entraîne loin de vous. (À Nadar) Donne-moi le porte-voix. (Dans le porte-voix) Le vaisseau de la République m’entraîne loin de vous. Vous ne me reverrez que victorieux et foulant, de mes pieds, les vestiges de l’Ancien Régime ! Adieu.
Diedenhofer. — Qu’a-t-il dit ?
Lefèvre. — Qu’il ne reviendrait pas sans le corps de ballet.
Le Chœur. — Gambetta ! Nadar !

Couple béni
En ce bel équipage
Nous vous souhaitons bon voyage.
Sublime Gouvernement
Au revoir et vole au vent,
Gouvernement, Gouvernement,
Vol-au-vent, vol-au-vent
.

   Jules Favre et Jules Ferry s’embrassent. Simon écrit. En s’élevant au-dessus de la scène, le ballon s’accroche au clocher de Notre-Dame.
Gambetta. — Nous sommes accrochés.
Le Chœur. — Les voilà accrochés au clocher.
Nadar, sortant sa tète du ballon, vérifie les câbles. — À Gambetta : Fais-leur un petit discours.
Gambetta. — À qui ? Je ne vois personne !
Nadar, lui passant une lorgnette monumentale. — Tiens, voici une lorgnette, regarde maintenant. Par là, c’est Strasbourg. Il se tourne du côté de la statue de Strasbourg.
Gambetta, regardant dans la lorgnette et parlant dans le porte-voix. — Ah !
Le Chœur. — Ah !