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se servaient de flèches étaient obligés d’en avoir au moins douze dans leur carquois. La province qui fournissait la milice lui distribuait du blé et les provisions nécessaires pour six mois : le roi en fournissait pour le reste de la campagne. On faisait la revue au premier de mars, ou au premier de mai. C’est d’ordinaire dans ces temps qu’on tenait les parlements.

Dans les sièges on employait le bélier, la baliste, la tortue, et la plupart des machines des Romains. Les seigneurs, nommés barons, leudes, richeomes, composaient, avec leurs suivants, le peu de cavalerie qu’on voyait alors dans les armées. Les musulmans d’Afrique et d’Espagne avaient plus de cavaliers.

Charles avait des forces navales, c’est-à-dire de grands bateaux aux embouchures de toutes les grandes rivières de son empire. Avant lui on ne les connaissait pas chez les barbares ; après lui on les ignora longtemps. Par ce moyen, et par sa police guerrière, il arrêta les inondations des peuples du Nord : il les contint dans leurs climats glacés ; mais, sous ses faibles descendants, ils se répandirent dans l’Europe.

Les affaires générales se réglaient dans des assemblées qui représentaient la nation. Sous lui, ses parlements n’avaient d’autre volonté que celle d’un maître qui savait commander et persuader.

Il fit fleurir le commerce, parce qu’il était le maître des mers ; ainsi les marchands des côtes de Toscane et ceux de Marseille allaient trafiquer à Constantinople chez les chrétiens, et au port d’Alexandrie chez les musulmans, qui les recevaient, et dont ils tiraient les richesses de l’Asie.

Venise et Gênes, si puissantes depuis par le négoce, n’attiraient pas encore à elles les richesses des nations ; mais Venise commençait à s’enrichir et à s’agrandir. Rome, Ravenne, Milan, Lyon, Arles, Tours, avaient beaucoup de manufactures d’étoffes de laine. On damasquinait le fer, à l’exemple de l’Asie ; on fabriquait le verre ; mais les étoffes de soie n’étaient tissues dans aucune ville de l’empire d’Occident.

Les Vénitiens commençaient à les tirer de Constantinople ; mais ce ne fut que près de quatre cents ans après Charlemagne que les princes normands établirent à Palerme une manufacture de soie. Le linge était peu commun. Saint Boniface, dans une lettre à un évêque d’Allemagne, lui mande qu’il lui envoie du drap à longs poils pour se laver les pieds. Probablement ce manque de linge était la cause de toutes ces maladies de la peau, connues sous le nom de lèpre, si générales alors ; car les hôpitaux nommés léproseries étaient déjà très-nombreux.