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En réponse à l’écrit de Larcher, Voltaire publia la Défense de mon oncle, qu’on trouvera dans les Mélanges, année 1767. Larcher y répliqua par la Réponse à la Défense de mon oncle, précédée de la relation de la mort de l’abbé Bazin, 1767, in-8° ; il ne s’y montre pas bon prophète quand il dit (page 27) : « Dans un demi-siècle le Dictionnaire philosophique, la Philosophie de l’histoire, les Honnêtetés littéraires,... l’Ingénu, et autres pareilles rapsodies, ne se trouveront plus, pas même chez les épiciers. »

La même année que parut l’ouvrage de Larcher, le P. Viret, cordelier, dont le nom se retrouve dans quelques écrits de Voltaire, fit imprimer une Réponse à la Philosophie de l’histoire, 1767, in-12, opuscule tout à fait oublié.

Trois ans après, l’abbé François donna ses Observations sur la Philosophie de l’histoire et sur le Dictionnaire philosophique, avec des réponses à plusieurs difficultés, 1770, 2 volumes in-8°. C’est ce même abbé François qui a fourni le sujet de la première section de l’article IGNORANCE dans le Dictionnaire philosophique, et duquel Voltaire a dit (dans son Épitre à d’Alembert, en 1771, tome X, page 429) :

L’abbé François écrit ; le Léthé sur ses rives
Reçoit avec plaisir ses feuilles fugitives.

Ce fut en 1769, dans l’édition in-4° de ses Œuvres, que Voltaire mit la Philosophie de l’histoire, sous le titre de Discours préliminaire, en tête de l’Essai sur les Mœurs ; et cette disposition a dû être respectée par ses éditeurs. Le titre d’Introduction donné dans les éditions de Kehl a été conservé depuis.

La Philosophie de l’histoire, à laquelle est consacré l’article X des Fragments sur l’histoire, etc. (voyez les Mélanges, année 1773), et qui a été le sujet de quelques autres écrits que je puis passer sous silence, a été réimprimée en entier, sauf le paragraphe XLVI, dans le volume intitulé Résumé de l’Histoire générale, par Voltaire, 1826, in-18, et en fait la plus grande partie. Elle avait été comprise dans la censure du clergé de France, du 22 août 1760, et mise à l’index à la cour de Rome, par décret du 12 décembre 1768.


II.


Il parut, en 1733, en deux volumes in-12, sous le nom de Voltaire, un Abrégé de l’Histoire universelle depuis Charlemagne jusqu’à Charles-Quint. Le libraire Néaulme prétendait avoir acheté le manuscrit cinquante louis, d’un domestique du prince Charles de Lorraine. Vers la fin de 1739, alors que Frédéric n’était encore que prince royal, Voltaire lui avait en effet donné un manuscrit qui se trouvait dans l’équipage que les hussards autrichiens prirent au roi à la bataille de Sorr, le 30 septembre 1745.

Voltaire, contrarié de cette publication, fit des réclamations, et, pour les appuyer, employa un singulier moyen. Ce fut de publier un volume qu’il intitula Essai sur l’Histoire universelle, tome troisième. Il avait mis à la tête une espèce de dédicace et une préface. On trouvera cette préface dans les Mélanges, année 1754. Mais Voltaire avait déjà donné quelques détails dans sa lettre à M***, professeur d’histoire (voyez les Mélanges, année 1753). On peut aussi voir dans la Correspondance, la lettre à Néaulme, du 28 décembre 1753.