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du peuple dans Jérusalem. Baasa assassine Nadab, fils de Jéroboam, et tous ses parents. Jéhu assassine Joram et Ochosias, soixante et dix fils d’Achab, quarante-deux frères d’Ochosias, et tous leurs amis. Athalie assassine tous ses petits-fils, excepté Joas ; elle est assassinée par le grand-prêtre Joiadad. Joas est assassiné par ses domestiques, Amasias est tué. Zacharias est assassiné par Sellum, qui est assassiné par Manahem, lequel Manahem fait fendre le ventre à toutes les femmes grosses dans Tapsa. Phacéia, fils de Manahem, est assassiné par Phacée, fils de Roméli, qui est assassiné par Ozée, fils d’Éla. Manassé fait tuer un grand nombre de Juifs, et les Juifs assassinent Aninion, fils de Manassé, etc.

Au milieu de ces massacres, dix tribus enlevées par Salmanasar, roi des Babyloniens, sont esclaves et dispersées pour jamais, excepté quelques manœuvres qu’on garde pour cultiver la terre.

Il reste encore deux tribus, qui bientôt sont esclaves à leur tour pendant soixante et dix ans : au bout de ces soixante et dix ans, les deux tribus obtiennent de leurs vainqueurs et de leurs maîtres la permission de retourner à Jérusalem. Ces deux tribus, ainsi que le peu de Juifs qui peuvent être restés à Samarie avec les nouveaux habitants étrangers, sont toujours sujettes des rois de Perse[1].

Quand Alexandre s’empare de la Perse, la Judée est comprise dans ses conquêtes. Après Alexandre, les Juifs demeurèrent soumis tantôt aux Séleucides, ses successeurs en Syrie, tantôt aux Ptolémées, ses successeurs en Égypte ; toujours assujettis, et ne se soutenant que par le métier de courtiers qu’ils faisaient dans l’Asie. Ils obtinrent quelques faveurs du roi d’Égypte Ptolémée Épiphanes. Un Juif, nommé Joseph, devint fermier général des impôts sur la basse Syrie et la Judée, qui appartenaient à ce Ptolémée. C’est là l’état le plus heureux des Juifs ; car c’est alors qu’ils bâtirent la troisième partie de leur ville, appelée depuis l’enceinte des Machabées, parce que les Machabées l’achevèrent.

Du joug du roi Ptolémée ils repassent à celui du roi de Syrie, Antiochus le Dieu. Comme ils s’étaient enrichis dans les fermes, ils devinrent audacieux, et se révoltèrent contre leur maître Antiochus. C’est le temps des Machabées, dont les Juifs d’Alexandrie ont célébré le courage et les grandes actions ; mais les Machabées ne purent empêcher que le général d’Antiochus Eupator, fils d’Antiochus Épiphanes, ne fît raser les murailles du temple, en

  1. Voyez Essai sur les Mœurs, chapitre clviii.