Page:Voltaire - Œuvres complètes Garnier tome11.djvu/11

Cette page a été validée par deux contributeurs.

Par procès-verbal du 22 février 1754, il fait constater les différences qu’il y a entre ce manuscrit et l’édition de Néaulme, et rétablit notamment le vrai texte de la phrase compromettante de l’introduction. Il écrit à tout le monde pour désavouer les malheureux volumes qu’on s’arrachait à Paris et en tous lieux. Il écrit à Mme de Pompadour ; il s’adresse même, par l’entremise de M. de Malesherbes, à l’archevêque de Paris, Christophe de Beaumont. Il envoie des notes aux journaux littéraires. Enfin il fait imprimer à Leipsig un troisième volume intitulé Essai sur l’Histoire universelle, tome troisième, pour reprendre en main son ouvrage et en faire présager une édition plus correcte et plus fidèle. À la tête de ce volume, il mit une dédicace à l’Électeur palatin (voyez ci-après l’Avertissement de Beuchot), et une préface explicative que nous plaçons dans les Mélanges, à côté de l’Introduction de l’Abrégé de Néaulme et d’autres pièces sur le même sujet.

Voltaire eut beau faire. En vain il avait dit à Mme de Pompadour : « S’il m’était seulement permis, madame, de venir à Paris pour arranger, pendant un court espace de temps, mes affaires bouleversées par quatre ans d’absence et assurer du pain à ma famille, je mourrais consolé et pénétré pour vous, madame, de la plus respectueuse reconnaissance. » Louis XV dit formellement à Mme de Pompadour qu’il ne voulait pas que Voltaire vînt à Paris. Voltaire, ainsi déçu dans son espoir, se dirigea vers la Suisse, où il s’établit comme l’on sait.

C’est en Suisse que l’Essai fut remanié librement et achevé. Il reçut alors le titre d’Essai sur l’Histoire générale et sur les Mœurs et l’Esprit des nations. Ce n’est qu’en 1769 que l’auteur lui donna le titre qu’il porte définitivement.

Voltaire fit par cet ouvrage une révolution dans la manière d’écrire l’histoire. Il fut fondateur d’école : les Condillac, Hume, Robertson, Gibbon, le reconnurent pour maître, et son influence s’étendit par là jusque sur le vaste mouvement historique qui se développa dans notre siècle.

À propos de la publication en sept volumes (y compris le Siècle de Louis XIV) qui parut à Genève en 1756, sous le titre d’Essai sur l’Histoire générale, Grimm, à la date du 1er avril 1757, écrivait :