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en remplacement du savant Belin de Ballu, traducteur de Lucien.

Placé dès lors sur un théâtre plus digne de lui, M. De Guerle justifia pleinement le choix qui l’y avait appelé. Parmi les élèves qui se formèrent à ses leçons, dans cette école fameuse, et qui ont fait par leurs succès le plus d’honneur à l’habileté de leur maître, il nous suffira de citer l’auteur d’Ulysse et de Marie Stuart, M. Lebrun ; et M. Lucien Arnault, digne émule de son père, et déjà célèbre par ses tragédies de Régulus et de Pierre de Portugal. C’est à St.-Cyr que M. De Guerle prononça, à la distribution des prix de l’an IX, un discours sur la Grammaire générale, dans lequel l’aride sécheresse du sujet est heureusement déguisée par la grâce des détails, le charme et l’élégance de la diction.

Cependant quelques améliorations successives s’opéraient dans l’instruction publique. Au système des Écoles centrales, généralement reconnu vicieux, succédait celui des Lycées : le pas vers le mieux était sensible, mais il restait beaucoup à faire encore pour arriver au bien. Le moyen le plus sûr d’y parvenir, et d’assurer le succès des nouveaux établissemens, était d’y appeler des hommes capables d’y ramener avec eux le goût des bonnes études et l’exemple des bonnes mœurs. M. De Guerle ne pouvait être oublié.Un décret impérial lui confia, en 1805, la chaire de Rhétorique du Lycée Bonaparte ( aujourd’hui Collège Bourbon). Il s’y montra ce qu’il avait été à St.-Cyr, plein de zèle et de talent dans l’exercice de ses fonctions. Deux