Page:Virgile - Énéide, traduction Guerle, 1825, livres I-VI.djvu/169

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Avec quel étonnement je trouvai nos misérables restes accrus d’une foule innombrable ! des mères, des enfans, des vieillards, malheureux que l’exil attend, peuple trop digne de pitié ! la nuit les vit accourir, chargés de tristes débris, mais se fiant à ma fortune, et déterminés à me suivre au bout de l’univers. Enfin l’étoile du matin dorait de sa lumière naissante la cime de l’Ida, et ramenait le jour. Partout maîtres des avenues, les Grecs en défendaient l’approche. Plus de salut, plus d’espoir : je cède aux dieux contraires ; et de nouveau courbé sous mon pieux fardeau, j’arrive enfin au sommet de la montagne.