Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné du mobilier français de l'époque carlovingienne à la Renaissance (1873-1874), tome 2.djvu/14

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
IV
INTRODUCTION.

tions particulières ou publiques, qui chaque jour prennent plus d’étendue, d'examiner et d'analyser avec scrupule les monuments. Nous n’avons pas cette prétention de dire le dernier mot sur une des parties les plus intéressantes de la civilisation de notre vieux sol français ; un scrupule de conscience nous imposait le devoir de fournir aux nombreux lecteurs qui ont bien voulu encourager nos premiers efforts tout ce que nous pouvions donner au moment où l’âge commande de grouper les matériaux recueillis, de résumer, en un mot.

Pour connaitre une époque, pour prendre une idée quelque peu exacte de ses habitudes, de ses mœurs, il ne suffit point de choisir, parmi les objets qu’elle nous a laissés, certains types rares et précieux, exceptionnels ; il est nécessaire de grouper les objets usuels, les vêtements ordinaires, les armes communes ; cette partie de notre travail nous a demandé beaucoup de temps et de recherches, car les musées, faits bien plus pour la montre que pour l’étude, dédaignent ces produits vulgaires, qui sont cependant les manifestations les plus instructives de l’état d’une civilisation. Il nous a fallu souvent arracher à la destruction, ou tout au moins à l’indifférence, beaucoup de ces débris, d’autant plus intéressants pour nous, qu’ils appartenaient à la fabrication courante. Nous ne dédaignons pas, certes, tant de rares exemples des industries anciennes qui garnissent les vitrines des musées ; mais ces objets, reproduits bien des fois par la gravure, sont connus de tout le monde et ne sauraient fournir des renseignements utiles sur la