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voûte d’arête. Or, c’est ce principe de structure qu’adoptent généralement nos architectes occidentaux dans la construction de leurs voûtes d’arête à la fin du XIe siècle ; c’est suivant ce système que sont faites les voûtes de la nef de l’église abbatiale de Vézelay, qui datent des premières années du XIIe siècle, et ce n’était pas sans raison que ce parti avait été adopté. Ces voûtes bombées offraient plus de résistance que les voûtes engendrées par deux cylindres se pénétrant à angle droit.

Voute.arete.byzantine.png


Nous développons tout ce qui touche à cette question dans l’article Construction, il n’est donc pas nécessaire de revenir ici sur ce sujet, d’autant qu’alors, au commencement du XIIe siècle, on n’apportait pas, dans la pratique de la structure, les soins que les Romains avaient su y mettre. On ne fabriquait plus ces belles et grandes briques carrées qui permettaient de noyer des nerfs résistants dans l’épaisseur des voûtes et d’obtenir des arêtiers bien bandés ; faits de tuf ou de moellons irréguliers, très-rarement de moellons piqués, les arêtiers n’offraient pas de cohésion et tendaient à se détacher. Plus le constructeur se rapprochait de la coupole, plus il évitait les chances de rupture des arêtiers, puisque ceux-ci formaient à peine un pli saillant à l’intrados jusqu’à la moitié environ de leur développement, pour se perdre dans un ellipsoïde en se rapprochant de la clef. D’ailleurs, pour tracer les cintres diagonaux de charpente, il n’était pas besoin de chercher la courbe de rencontre des deux cylindres, il suffisait de tracer un demi-cercle dont le diamètre