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de Nesle[1], en fait comprendre la valeur comme poste d’observation sur le fleuve. De là des signaux pouvaient être transmis au Louvre, et vice versa, sur tout le front occidental des remparts de la rive gauche[2] et au palais de la Cité. En amont de Paris, deux autres tours à peu près semblables à celle-ci barraient la rivière : l’une, dite tour Barbeau, formait tête du rempart sur la rive droite ; l’autre, dite la Tournelle, avait la même destination sur la rive gauche. Ces deux ouvrages, qui se trouvaient au droit du milieu de l’île Saint-Louis, se reliaient avec deux autres tours élevées sur les berges de cette île, coupée alors par un fossé que remplissait la Seine[3].

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La tour de Villeneuve-lez-Avignon, bâtie sur la rive droite du Rhône, au débouché du pont de Saint-Bénezet, par Philippe le Bel, en 1307, est une tour d’observation en même temps qu’un donjon propre à la défense. Elle se reliait à un vaste système de fortifications qui défendait de ce côté le territoire français contre les empiétements de la Provence[4], et qui, plus tard, contribua à enlever aux papes d’Avignon tous droits de seigneurie sur le cours du Rhône.

Cette tour, bâtie sur plan quadrilatère losangé, possède plusieurs salles voûtées et une guette carrée au sommet, avec tourelle propre encore à recevoir un guetteur. C’est un ouvrage admirablement con-

  1. D’après les documents cités plus haut.
  2. Ces remparts suivaient la direction de la rue Mazarine actuelle, qui, bâtie hors de la ville, dès le XVe siècle, s’appelait la rue des Fossés de Nesle, parce qu’elle s’élevait sur la contrescarpe de ces fossés.
  3. Voyez Architecture Militaire, fig. 78.
  4. Voyez, à l’article Pont, l’historique de la construction de cette tour et la figure 2.