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comble qui coulent le long de ces jouées pour les verser dans les chéneaux (voir la face latérale D). Sur les sablières I posées sur les jouées (voir la face postérieure C), venaient s’embréver les madriers formant chevrons et recevant les lambris intérieurs de manière à dégager le jour dormant K, les châssis rectangulaires étant seuls ouvrants. Des lucarnes de ce genre existaient au Palais à Paris, sur les bâtiments du commencement du XIVe siècle, aux châteaux de Montargis, de Sully, de Coucy et de Pierrefonds (commencement du XVe siècle), et de beaucoup d’autres palais ou châteaux. Celles du milieu et de la fin du XVe siècle sont très-communes.

Dans certaines provinces de France, comme la Bretagne, la Picardie et la Normandie, on avait pour habitude, pendant les XIVe et XVe siècles, de donner à certains bâtiments des campagnes, à des logis de châteaux, une assez faible hauteur et de les couronner par des combles énormes, car bien que ces bâtiments fussent simples en épaisseur, ils contenaient quelquefois jusqu’à dix et onze mètres dans œuvre en largeur ; or, les combles étant tracés d’après un triangle équilatéral, on comprend que les faîtages devaient s’élever beaucoup au-dessus de la corniche.

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Ces bâtiments, en coupe, étaient alors disposées de cette manière (3) : 1° Un étage de caves A ; 2° un rez-de-chaussée B ; 3° un premier étage C, à demi mansardé ; 4° un étage à mi-comble D et le grenier ; dès lors les fenêtres du premier étage C participaient déjà de la lucarne et ne faisaient qu’un tout avec elle. Nous possédons un fort bel exemple de ce