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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/409

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que dans certains cas ils conservent la tradition romane pure, c’est-à-dire qu’ils ouvrent dans un mur une arcade plein cintre, et posent un linteau sous ce cintre pour recevoir un châssis carré, comme dans une tourelle dépendant de l’évêché de Soissons (34) (commencement du XIIIe siècle) ;

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ou bien que, pour de petites pièces, ils adoptent des baies larges, relativement à leur hauteur, séparées par un élégant meneau central, couvertes extérieurement par un linteau décoré d’arcatures, et formant intérieurement un ébrasement terminé par un berceau de décharge et muni d’un banc B (35)[1]. Ici le meneau est renforcé intérieurement d’un appendice A servant d’accoudoir, et recevant les targettes de fermeture des deux châssis (voy. l’article Banc, fig. 4). Nous voyons encore que pour éclairer des pièces assez hautes entre planchers, ils disposent les fenêtres de manière à pouvoir n’ouvrir à la fois qu’une partie de leur surface ; alors le meneau central est divisé par une traverse (36), la baie porte quatre châssis mobiles : ceux inférieurs s’ouvrant pour regarder dehors, et ceux supérieurs pour donner de l’air dans le haut de la pièce, toujours avec des renforts aux meneaux pour recevoir les targettes[2].

Cependant on demandait aux architectes, vers le milieu du XIIIe siècle, des fenêtres plus grandes pour éclairer les habitations ou les édifices publics ; à mesure que les mœurs s’adoucissaient, on voulait des maisons

  1. D’une maison de Flavigny (Côte-d’Or).
  2. D’une maison de Flavigny (Côte-d’Or), milieu du XIIIe siècle.