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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/238

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[engin]
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ligne OV. Lorsque la verge était abaissée, les servants chargés de l’attache de la fronde étendaient les deux brides de cette fronde dans la rigole T. L’une de ces brides restait fixée à l’anneau X, l’autre était sortie d’elle-même du style U ; les servants avaient le soin de replacer l’anneau de cette seconde bride dans le style et, bien entendu, laissaient passer ces deux brides par-dessus la corde double de tirage de la verge, ainsi que l’indique la coupe Z, présentant en a l’extrémité de la verge abaissée avec sa poulie H en h, sa poulie K en k, les deux poulies D en d, les deux brides de la fronde en gg. Lorsque le décliqueur agissait sur la petite bascule e du crochet, la poulie K tombait entre les deux sablières, la verge se relevait et les deux brides gg tiraient le projectile S. On observera ici que le projectile S étant posé dans la poche de la fronde, les deux brides de cette fronde devant être égales en longueur, l’une, celle attachée à l’anneau X, est lâche, tandis que celle fixée au style est presque tendue. L’utilité de cette manœuvre va tout à l’heure être démontrée. On voudra bien encore examiner la position du contre-poids lorsque la verge est abaissée ; cette position est telle que la verge devait se trouver en équilibre ; que, par conséquent, l’effort des tendeurs, pour l’amener à son déclin, devait être à peu près nul, ce qui permettait de tendre la corde sur la poulie k, ainsi que l’indique la coupe Z ; que cet équilibre, obtenu par les pesanteurs principales reportées sur le tourillon A, rendait efficace le tirage des hommes préposés au balancier, puisqu’au moment du décliquement il devait y avoir une sorte d’indécision dans le mouvement de la verge ; que ce tirage ajoutait alors un puissant appoint au poids du balancier, ce qui était nécessaire pour que la fronde fonctionnât convenablement.

La fig. 14 représente le mangonneau du côté de sa face antérieure, au moment où la verge est abaissée. Les six hommes agissant sur les deux grands treuils sont restés dans les roues afin de dérouler le câble doublé lorsque la verge aura lancé le projectile qui est placé dans la poche de la fronde. Seize hommes s’apprêtent à tirer sur les quatre cordes attachées à la partie inférieure du contre-poids. Le décliqueur est à son poste, en A, prêt à faire sauter le crochet qui retient l’extrémité de la verge abaissée. Le maître de l’engin est en B ; il va donner le signal qui doit faire agir simultanément le décliqueur et les tireurs ; à sa voix, la verge n’étant plus retenue, sollicitée par les seize hommes placés en avant, va se relever brusquement, entraînant sa fronde, qui, en sifflant, décrira une grande courbe et lancera son projectile.

Examinons maintenant comment la fronde devait être attachée pour qu’une de ses branches pût quitter en temps opportun le style de l’engin, afin de laisser au projectile la liberté de s’échapper de la poche.

Voici (15) l’extrémité de la verge ; on voit, en A, l’attache fixe qui se compose d’un long étrier tournant sur un boulon B ; puis, en C, le style en fer, élargi à sa base, et en D la boucle qui n’entre dans ce style que jusqu’à un certain point qu’elle ne peut dépasser à cause de cet élargissement. Lorsque l’étrier est sollicité par l’une des brides de la fronde (voy. le profil G), il