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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/7

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[charpente]
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ainsi la déformation de la ferme.

Charpente.ferme.primitive.png


Si l’on craint la flexion de l’entrait AB (2), par suite de sa longueur, le poinçon vient s’assembler en F, le suspend, et l’entrait retroussé DE s’assemble en GH dans ce poinçon. Les pannes I reposaient sur les arbalétriers, retenues par des chantignolles K, et les chevrons LM s’accrochaient sur leur face externe. Mais si le comble n’a pas une forte inclinaison et si l’on veut que la rencontre des arbalétriers avec l’entrait ne porte pas à faux, ce système exige des murs d’une grande épaisseur. En effet (fig. 2) : supposons que l’intervalle à couvrir NO soit de sept mètres soixante centimètres, les arbalétriers ayant 0,20 c. d’équarrissage, les pannes autant, et les chevrons 0,12 c., on voit que l’épaisseur des murs doit être de 1,10 c., ce qui est considérable eu égard au peu de largeur du vaisseau.

Charpente.ferme.primitive.2.png

Aussi, dans les petits édifices romans couverts par des charpentes, on s’aperçoit que les constructeurs ont été entraînés à donner à leurs murs une épaisseur beaucoup plus grande que celle exigée par le poids de la couverture, afin de trouver, à la tête de ces murs, une assiette assez large