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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/452

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[cloître]
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des pertuis, dans la citerne. Quelquefois même ce caniveau était un petit égout souterrain ayant un pertuis garni d’une crapaudine au-dessous de la gueule de chacune des gargouilles. Plus rarement l’aire du préau était dallée comme l’aire de l’impluvium antique et conduisait l’eau par des pentes, se dirigeant vers le milieu, dans la citerne. On recueillait ainsi non-seulement les eaux tombant sur les combles, mais aussi celles reçues sur la surface totale du préau. Le préau du cloître de l’abbaye du Mont-Saint-Michel-en-Mer est couvert de plomb ; mais nous aurons l’occasion de parler bientôt de ce cloître remarquable.

Cependant, certains cloîtres de cathédrales particulièrement furent, au XIIIe siècle, surmontés d’un étage, probablement à cause du peu d’espace dont on disposait autour de ces monuments élevés au centre de cités populeuses. Il existe, à Langres, les restes d’un cloître de ce genre qui est d’un fort bon style et qui appartient au milieu de ce siècle.

La fig. 33 présente l’une de ses travées. Un premier étage, percé d’une petite fenêtre carrée au-dessus de chaque arcade, était destiné peut-être au logement des chanoines. Ici ce sont les formerets des voûtes qui, comme à Noyon, servent d’archivoltes à la claire-voie. Le mur du fond du cloître de la cathédrale de Langres est décoré d’une triple arcature sous chaque formeret, portée sur des colonnettes et des chapiteaux admirablement sculptés. Quant aux contre-forts, épais et saillants dans la hauteur du rez-de-chaussée, pour contre-butter la poussée des voûtes, ils se réduisent sensiblement dans la hauteur du premier étage, qui n’était couvert que d’une charpente[1].

Mais le plus beau cloître qui nous soit conservé (en partie du moins) possédant un premier étage est certainement le cloître de la cathédrale de Rouen. Cette construction date de 1240 environ, et son ensemble comme ses détails sont exécutés avec un grand luxe et un soin minutieux.

La fig. 34 nous donne l’élévation d’une des travées du cloître de la cathédrale de Rouen. Ces travées sont larges, percées à la base par quatre arcades libres portées sur des colonnettes monolithes. Au-dessus de ces arcades, la claire-voie est vitrée. L’archivolte est épaisse, composée de deux rangs de claveaux, celle supérieure servant de formeret aux voûtes à l’intérieur. Ces archivoltes soutiennent un grand talus sur lequel viennent pénétrer les piles et trumeaux des fenêtres jumelles du premier étage. Une corniche à double rang de crochets et une balustrade dont les quatre-feuilles seuls sont ajourés couronnent le premier étage, qui porte chéneau. Au milieu de la tête de chacun des contre-forts, complètement dépourvus

  1. Ce cloître n’appartient plus à la cathédrale ; il fut vendu par le Domaine il y a une vingtaine d’années ; il sert aujourd’hui de magasin à des marchands de meules à aiguiser. Nous ne savons ce que le Domaine a retiré de cette vente ; mais lorsqu’on voudra racheter ce cloître, ce qu’il faudra faire un jour ou l’autre, ne fût-ce que pour assainir la cathédrale de Langres, il est probable qu’on payera cher cet abandon.