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l’espace manquait dans les gorges A (69 bis) pour le service de l’artillerie ;

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leur étroitesse les rendait difficiles à défendre lorsque l’ennemi, après s’être emparé du bastion, cherchait à pénétrer plus avant. Nous avons vu comme avant l’invention des bouches à feu il était difficile d’opposer à une colonne d’assaut étroite mais profonde, se précipitant sur les chemins de ronde, un front de défenseurs assez épais pour rejeter les assaillants au dehors (fig. 16) ; l’artillerie à feu ouvrant dans les bastions ou courtines de larges brèches praticables, par suite de l’éboulement des terres, les colonnes d’assaut pouvaient dès lors être non-seulement profondes, mais aussi présenter un grand front ; il fallait donc leur opposer un front de défenseurs d’une étendue au moins égale pour qu’il ne risquât pas d’être débordé ; les gorges étroites des bastions circulaires primitifs, même bien remparées à l’intérieur, étaient facilement prises par des colonnes d’assaut dont la force d’impulsion est d’une grande puissance. On s’aperçut bientôt des inconvénients graves attachés aux gorges étroites, et au lieu de conserver pour les bastions la forme circulaire, on leur donna (70) une face B et deux cylindres C qu’on désigna sous le noms d’orillons[1]. Ces bastions enfilaient les

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  1. Les murs de la ville de Narbonne, rebâtis presque entièrement pendant le XVIe siècle, quelques anciens ouvrages des fortifications de Caen, etc., présentaient des défenses construites suivant ce principe.