Ouvrir le menu principal

Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/155

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[arc]
— 136 —

tout le commerce du Levant avec les côtes du nord de la France et la Bretagne (l’Angleterre) se faisait par Marseille ou Narbonne, prenait la voie de terre par Limoges, pour reprendre la mer à la Rochelle ou à Nantes. Mais l’église abbatiale de Saint-Front de Périgueux se distingue autant par son plan, qui n’a pas d’analogue en France, que par sa disposition de coupoles à pendentifs (voy. Architecture Religieuse). C’était bien là en effet une importation étrangère, importation qui s’étend fort loin de Périgueux, ce qui doit faire supposer que si l’église de Saint-Front exerça une influence sur l’architecture religieuse de la côte occidentale, cette église ne saurait cependant être considérée comme la mère de toutes les églises à coupoles bâties en France pendant le XIIe siècle. Il faut admettre que le commerce de transit du Levant importa dans le centre et l’ouest de la France des principes d’art étrangers, sur tous les points où il eut une certaine activité, et où probablement des entrepôts avaient été établis par l’incroyable activité vénitienne. Sur ces matières, les documents écrits contemporains sont tellement insuffisants ou laconiques, qu’il ne nous semble pas que l’on doive se baser uniquement sur des renseignements aussi incomplets, pour établir un système ; mais si nous examinons les faits, et si nous en tirons les inductions les plus naturelles, nous arriverons peut-être à éclairer cette question si intéressante de l’introduction de la coupole à pendentifs dans l’architecture française des XIe et XIIe siècles.

France.Xe.siecle.png

À la fin du Xe siècle, la France était ainsi divisée (1), nous voyons dans sa partie moyenne une grande