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iENÉSIDÈMË. 2&1

��CHAPITRE II

ifiNBSIDBME.

��yEnésidème^') est avec Pyrrhon le plus illustre représentant du scepticisme dans l'antiquité. Entre ces deux hommes, les diffé- rences sont nombreuses. Pyrrhon, on l'a vu, est surtout un moraliste, et dédaigne la dialectique. Nous ne savons presque rien des idées d'^nésidème sur la morale; en revanche, nous sommes sûrs qu'il a été un dialecticien subtil et profond ; c'est lui qui a donné au pyrrhonisme une forme philosophique et scientifique ; le scepticisme lui doit ses arguments les plus forts et les plus redoutables; il a mérité d'être comparé à Hume et à Kant.

Nous connaissons mal les idées de Pyrrhon , mais nous avons d'assez nombreux détails sur sa vie et son caractère. C'est l'in- verse pour yEnésidème. Ses doctrines sont connues incomplète- ment, mais d'une manière précise et très sûre; nous ne savons presque rien de sa vie, et rien de sa personne; ses pensées seules ont survécu. Il semble que la malignité du sort ait pris plaisir à multiplier les contradictions au sujet de ce personnage qui voyait des contradictions partout. 11 est impossible de con- cilier les renseignements qui nous sont parvenus sur la date de sa vie. On le compte d'ordinaire parmi les nouveaux sceptiques; mais il y a de fortes raisons de le ranger parmi les anciens. Des

��(0 Noos avons coosalté sur iEjiésidème : Rivamson, Eê$ai tur la Métapkytiquê d'Arisiotê, t. II, p. 95i ; Saimit, Le êeeptieiMmê (Paris, Didier, a* édit, i865) Macgoll, Tkê Grtek Sceptics,from Pifrrho io Sextuê (London, Macmilian, 1869) Ha AS, De philoiophontm $eepîicorum eueceêeiomlmi (Wirceburg., Stober, 1876) NAToar, Fonek. twr Geeelûehte de» Erkennittiêeproblem» im AUerikum (Bm^in, 188&); DiiLs, Doxogr. Grefd, p. 910, Berlin, Rdmer, 1879; R. Hiun., Untet' Muekmtgen ûber Cicero'ê Sekriften, m. Th., p. 6/i et teq,, Leiprig, Hinel, i883.

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