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mais nul ne s’étonnerait de cette liste : c’était, on le sait, une restitution française.avais retrouvé toute ma force, et me sentais rajeuni de corps, comme aussi peut-être trop rajeuni de sens et de savoir, car mes chevaux m’avaient ramené au galop à l’époque où j’étais un âne. Et la rouille s’était de nouveau si bien emparée de mon esprit, que je me croyais retombé pour toujours dans l’impuissance d’inventer et d’écrire.





CHAPITRE XXVII.

Je finis le Misogallo. — Je termine ma carrière poétique par la Teleutodia. — Je recueille l’Abel, ainsi que les deux Alcesle et l’Avis. — Distribution hebdomadaire de mes études. — Ainsi préparé et armé d’épitaphes, j’attends l’invasion des Français, qui arrive en mars 1799.


1799.Chaque jour cependant le danger devenait plus sérieux pour la Toscane, grâce à la loyale amitié

pour vous une grande cause de dérangement, si j’avais l’indiscrétion d’accepter vos offres. Il est clair qu’on ne peut ravoir Une chose qui a été prise, sans la reprendre à quelque autre. Les restitutions volontaires sont rares, les restitutions forcées sont odieuses et ont leur danger. Joignez a cela que j’ai successivement racheté la plus grande partie de ces livres, depuis six ans que j’ai quitté Paris. Toutes ces considérations me font un devoir de vous remercier sans accepter vos offres, outre que rien ne convient mieux aux allures de mon caractère, que de ne jamais demander quoi que ce soit à personne, directement ou indirectement.

Je désire vivement trouver une occasion quelconque de vous témoigner ma reconnaissance et l’estime avec laquelle j’ai l’honneur d’être

Votre très-humble serviteur,

Victor Alfieri.

L ambassadeur dont il est ici question n’est autre que Ginguene’e. — Nous ne voulons aucunement entrer dans ce débat ; mais il re’sulte des propres paroles d’Alfieri, que les loris n’e’laient pas du côté de notre compatriote. {Note du Trad.)