Page:Victor Alfieri, Mémoires, 1840.djvu/319

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


jusqu’à l’affectation et à la manière), j’ai droit à une double gloire, en raison des obstacles ; si je n’y ai point réussi, l’excuse en est meilleure.







CHAPITRE VII.

Études poursuivies avec passion à Florence.


Au mois d’avril 1778, après avoir mis en vers la Virginie, et presque tout l’Agamemnon, je fus attaqué d’une maladie inflammatoire qui fut courte, mais violente, et accompagnée d’une angine qui contraignit le médecin à me saigner. Cette saignée me donna une longue convalescence, et de cette époque date pour moi dans ma santé un notable affaiblissement. L’agitation, l’ennui des affaires, l’étude et une passion de cœur m’avaient rendu malade, et quoique la fin de cette année eût vu se terminer aussi toutes mes discussions de famille, l’étude et l’amour, dont l’ardeur depuis alla toujours croissant, suffirent pour ne plus me laisser à l’avenir cette vigueur d’imbécile que je m’étais faite par dix années de dissipation et de voyages presque continuels. Cependant le retour de l’été me rendit des forces, et je travaillai beaucoup. L’été est ma saison favorite, et plus ses chaleurs sont grandes, mieux elle me convient, surtout pour composer. Depuis le mois de mai de cette année, j’avais commencé un petit poème, en octaves, sur le meurtre