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Page:Verne - Voyage au centre de la Terre.djvu/66

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« Oui, fit-il, vos paroles me décident ; nous essayerons de gravir ce Sneffels, peut-être même d’étudier son cratère !

— Je regrette bien, répondit M. Fridriksson, que mes occupations ne me permettent pas de m’absenter ; je vous aurais accompagné avec plaisir et profit.

— Oh ! non, oh ! non, répondit vivement mon oncle ; nous ne voulons déranger personne, monsieur Fridriksson ; je vous remercie de tout mon cœur. La présence d’un savant tel que vous eût été très utile, mais les devoirs de votre profession… »

J’aime à penser que notre hôte, dans l’innocence de son âme islandaise, ne comprit pas les grosses malices de mon oncle.

« Je vous approuve fort, monsieur Lidenbrock, dit-il, de commencer par ce volcan ; vous ferez là une ample moisson d’observations curieuses. Mais, dites-moi, comment comptez-vous gagner la presqu’île de Sneffels ?

— Par mer, en traversant la baie. C’est la route la plus rapide.

— Sans doute ; mais elle est impossible à prendre.

— Pourquoi ?

— Parce que nous n’avons pas un seul canot à Reykjawik.

— Diable !

— Il faudra aller par terre, en suivant la côte. Ce sera plus long, mais plus intéressant.

— Bon. Je verrai à me procurer un guide.

— J’en ai précisément un à vous offrir.

— Un homme sûr, intelligent ?

— Oui, un habitant de la presqu’île. C’est un chasseur d’eider, fort habile, et dont vous serez content. Il parle parfaitement le danois.

— Et quand pourrai-je le voir ?

— Demain, si cela vous plaît.

— Pourquoi pas aujourd’hui ?

— C’est qu’il n’arrive que demain.

— À demain donc, » répondit mon oncle avec un soupir.

Cette importante conversation se termina quelques instants plus tard par de chaleureux remerciements du professeur allemand au professeur islandais. Pendant ce dîner, mon oncle venait d’apprendre des choses importantes, entre autres l’histoire de Saknussemm, la raison de son document mystérieux, comme quoi son hôte ne l’accompagnerait pas dans son expédition, et que dès le lendemain un guide serait à ses ordres.