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Page:Verne - Voyage au centre de la Terre.djvu/145

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lorad » était un mot danois ! Alors je compris tout. Pour me faire entendre, il fallait précisément parler le long de cette muraille qui servirait à conduire ma voix comme le fil conduit l’électricité.

Mais je n’avais pas de temps à perdre. Que mes compagnons se fussent éloignés de quelques pas, et le phénomène d’acoustique eût été détruit. Je m’approchai donc de la muraille, et je prononçai ces mots, aussi distinctement que possible :

« Mon oncle Lidenbrock ! »

J’attendis dans la plus vive anxiété. Le son n’a pas une rapidité extrême. La densité des couches d’air n’accroît même pas sa vitesse ; elle n’augmente que son intensité. Quelques secondes, des siècles, se passèrent, et enfin ces paroles arrivèrent à mon oreille.

« Axel ! Axel ! est-ce toi ? »

· · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · · ·

« Oui ! oui ! » répondis-je ! »

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« Mon enfant, où es-tu ? »

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« Perdu, dans la plus profonde obscurité ? »

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« Mais ta lampe ? »

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« Éteinte. »

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« Et le ruisseau ? »

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« Disparu. »

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« Axel, mon pauvre Axel, reprends courage ! »

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« Attendez un peu, je suis épuisé ! je n’ai plus la force de répondre. Mais parlez-moi ! »

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« Courage, reprit mon oncle. Ne parle pas, écoute-moi. Nous t’avons cherché en remontant et en descendant la galerie. Impossible de te trouver. Ah ! je t’ai bien pleuré, mon enfant ! Enfin, te supposant toujours sur le chemin du Hans-bach, nous sommes redescendus en tirant des coups de fusil. Maintenant, si nos