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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/87

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le kabak de la « croix-rompue ».

— Personne, répondit l’aubergiste, il n’y a personne… Je suis habitué à cela… Nous avons bien d’autres mauvais temps en plein hiver…

— Et, d’ailleurs, répliqua Poch, il est peu probable que personne coure les routes cette nuit, si ce n’est les malfaiteurs et les agents de la police.

— Peu probable, comme vous dites ! »

Il était près de neuf heures.

Le garçon de banque se leva, assujettit son portefeuille sous son bras, prit la chandelle allumée que lui présentait Kroff et se dirigea vers sa chambre.

La cabaretier tenait à la main une vieille lanterne à grosses vitres, qui devait lui servir à s’éclairer après que la porte se serait refermée sur Poch.

« Vous ne vous couchez pas ?… demanda celui-ci avant d’entrer dans sa chambre.

— Si… répondit Kroff, mais, auparavant, je vais faire ma tournée de tous les soirs…

— Dans votre enclos ?…

— Oui, dans mon enclos, et voir si mes poules sont au perchoir, car, quelquefois, il en manque une ou deux le matin…

— Ah ! fit Poch, les renards ?…

— Les renards et aussi les loups. Ces maudites bêtes ne sont pas gênées de sauter par-dessus la haie ! Aussi, comme la fenêtre de ma chambre donne sur le jardin, quand je peux les saler d’une charge de plomb !… Donc, si vous entendiez un coup de fusil, ne vous effrayez point…

— Eh ! répondit Poch, un coup de canon ne me réveillerait pas, j’imagine, si je dors comme j’en ai l’envie ! — À propos, je ne suis pas pressé de partir, moi… Si mon compagnon a hâte de sauter de son lit, c’est son affaire !… Laissez-moi prolonger mon sommeil jusqu’au grand jour… Il sera temps de se réveiller