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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/165

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interrogatoire.

remis, et, dans l’après-midi, j’irai donner quelques leçons…

— Peut-être, mon père, serait-il plus sage d’attendre à demain ?… Les élèves sont prévenus…

— Non, Ilka, non… Je ne puis les faire attendre davantage. — Il n’est venu personne en mon absence ?…

— Personne, à l’exception du docteur et de M. Delaporte, qui ont été très surpris de ton départ.

— Oui… répondit Nicolef, d’une voix un peu hésitante… je n’en avais pas parlé… Oh ! pour un si court voyage… pendant lequel je crois même que personne n’a dû me reconnaître… »

Le professeur n’en dit pas davantage, et sa fille, très réservée, se contenta de lui demander s’il revenait de Dorpat.

« De Dorpat ?… fit Nicolef, assez étonné. Et pourquoi cette question ?…

— Parce que je ne m’explique pas une dépêche que j’ai reçue hier soir…

— Une dépêche ?… dit vivement Nicolef. Et de qui ?…

— De mon frère, qui m’annonce son arrivée pour aujourd’hui.

— Jean arrive ?… C’est singulier, en effet… Que vient-il faire ?… Enfin, mon fils est toujours sûr de recevoir bon accueil. »

Cependant, sentant dans l’attitude de sa fille que celle-ci semblait l’interroger sur les motifs de son voyage :

« Ce sont des affaires importantes… déclara-t-il, affaires qui m’ont obligé à partir précipitamment…

— Si tu es satisfait, mon père… répondit Ilka.

— Satisfait… oui… chère enfant, répliqua-t-il en regardant sa fille à la dérobée, et j’espère bien que ces affaires-là n’auront pas de suites fâcheuses. »

Et alors, en homme qui est résolu à n’en pas dire davantage, il changea le cours de sa conversation.

Après le premier thé du matin, Dimitri Nicolef remonta dans son cabinet, où il rangea divers papiers, et se remit au travail.