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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/125

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descente de police.

Lorsqu’il fut sorti, le major Verder dit au docteur Hamine :

« Vous n’avez pas d’autres constatations à faire sur le corps de la victime ?…

— Non, major, répondit le docteur. J’ai relevé très exactement la place, la forme et la disposition de la blessure…

— Le coup a bien été porté avec un couteau ?…

— Un couteau, dont la virole a laissé son empreinte sur la chair », affirma le docteur Hamine.

Peut-être était-ce là un indice qui servirait à l’instruction.

« Puis-je donner des ordres, s’informa alors M. Johausen, pour que le corps de ce pauvre Poch soit transporté à Riga, où se fera l’enterrement ?…

— Vous le pouvez, répondit le juge.

— Nous n’avons donc plus qu’à partir ?… demanda le docteur.

— Oui, répondit le major, puisqu’il n’y a pas d’autre témoin à entendre ici…

— Avant de quitter l’auberge, dit M. Kerstorf, je désire visiter une seconde fois la chambre du voyageur… Peut-être quelque indice nous a-t-il échappé ?… »

Le magistrat, le major, le docteur et M. Johausen rentrèrent dans la chambre.

Le cabaretier les accompagnait, prêt à répondre à toutes les questions.

L’intention du juge était de fouiller les cendres de l’âtre, pour s’assurer qu’elles ne contenaient rien de suspect. Or, lorsque ses yeux se furent fixés sur le tisonnier de fer, déposé dans un angle du foyer, il le prit, l’examina et reconnut qu’il avait été déformé par un violent effort. Était-ce donc le levier qui avait servi à l’effraction du volet de la chambre de Poch…? Cela semblait plus que probable, et, en rapprochant cette constatation de celle qui avait relevé diverses éraflures sur l’entablement de la fenêtre, n’arrivait-t-on pas à cette conclusion presque certaine