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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/122

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un drame en livonie.

qui lui furent posées par le magistrat. Assurément, il n’avait jamais pensé que les soupçons pussent se porter sur lui. Il était, d’ailleurs, absolument démontré que l’assassin, venu du dehors, avait brisé le volet, fracturé un carreau, ouvert la fenêtre, puis le meurtre accompli, il était non moins prouvé qu’il s’était enfui par ladite fenêtre, avec les quinze mille roubles volés.

Kroff raconta ensuite comment il avait découvert l’assassinat. Levé vers sept heures, il allait et venait dans la grande salle, lorsque le conducteur Broks, laissant le charron et l’iemschick s’occuper de réparer la malle, était arrivé à l’auberge. Tous deux avaient voulu réveiller Poch… Pas de réponse à leur appel… Rien quand ils frappèrent à la porte de sa chambre… Ils l’avaient alors forcée et s’étaient trouvés en présence d’un cadavre.

— Vous êtes sûr qu’à ce moment, demanda le juge Kerstorf, il n’y avait plus en ce malheureux un souffle de vie ?…

— Pas un souffle, monsieur le juge, répondit Kroff, qui, si grossière que fût sa nature, se montrait gagné par l’émotion. Non ! pas un souffle. Broks et moi, nous avons fait tout ce qui était possible pour le ranimer, sans y parvenir !… Songez donc, un pareil coup de couteau dans le cœur !…

— Vous n’avez point retrouvé l’arme dont s’est servi l’assassin ?…

— Non, monsieur le juge, et il a eu bien soin de l’emporter avec lui !

— Vous certifiez, insista le magistrat, que la chambre de Poch était fermée intérieurement ?…

— Oui, au verrou et à la clef… répondit Kroff. Le conducteur Broks pourra en témoigner comme moi… C’est pour cela que nous avons été obligés de forcer cette porte…

— Broks est parti ensuite ?…

— Oui, monsieur le juge, en toute hâte. Il était pressé de