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Page:Verne - Un drame en Livonie, illust Benett, 1905.djvu/121

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descente de police.

geur est sorti de sa chambre… Je l’ai éclairé avec ma lanterne… Il m’a payé ce qu’il me devait, un rouble… Il était encapuchonné comme la veille et je n’ai pu apercevoir son visage… Je lui ai alors ouvert la porte, que j’ai refermée après lui…

— Et il n’a pas dit où il allait ?…

— Il ne l’a pas dit.

— Et, pendant la nuit, vous n’aviez entendu aucun bruit suspect ?…

— Aucun.

À votre avis, Kroff, demanda le juge, lorsque ce voyageur a quitté l’auberge, le crime devait avoir été commis ?…

— Je le pense.

— Et, après le départ du voyageur, qu’avez-vous fait ?…

— Je suis rentré dans ma chambre, je me suis jeté sur mon lit pour attendre le jour, et je ne crois pas m’être endormi…

— De sorte que si, de quatre heures à six heures, quelque bruit s’était produit dans la chambre de Poch, vous l’auriez certainement entendu ?…

— Certainement, puisque ma chambre, bien qu’elle soit sur le jardin, est voisine de la sienne, et, s’il y avait eu lutte entre Poch et l’assassin…

— En effet, dit le major Verder, mais il n’y a pas eu lutte et le malheureux a été foudroyé dans son lit par ce coup qui l’a frappé au cœur ! »

Rien de plus évident, en somme, et il n’était pas douteux que le crime eût été commis avant le départ du voyageur. Cependant, pas de certitude absolue à cet égard, car, de quatre heures à cinq heures du matin, la nuit est noire, la bourrasque se déchaînait encore avec violence, la route était déserte, et un malfaiteur avait pu, sans être aperçu, s’introduire par effraction dans l’auberge.

Kroff continua de répondre très catégoriquement aux questions