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Page:Verne - P’tit-bonhomme, Hetzel, 1906.djvu/392

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le bazar des « petites poches ».

Enfin ils se séparèrent. Grip prit du côté des docks, tandis que P’tit-Bonhomme, suivi de Bob et de Birk, traversait la Liffey, afin de regagner le quartier de Saint-Patrick.

Et que de pauvres, que de pauvresses ils rencontrèrent sur leur chemin, que de gens abrutis, titubant sous l’influence du wiskey, du gin !…

Et à quoi a-t-il servi que l’archevêque Jean, au concile de 1186, réuni dans la capitale de l’Irlande, eût si furieusement tonné contre l’ivrognerie ? Sept siècles après, Paddy buvait encore outre mesure, et ni un autre archevêque ni un autre concile n’auront jamais raison de ce vice héréditaire !



XI

le bazar des « petites poches ».


Notre héros avait alors onze ans et demi, Bob en avait huit — deux âges qui, ensemble, n’auraient pas même donné la majorité légale. P’tit-Bonhomme lancé dans les affaires, fondant une maison de commerce… Il fallait être Grip, c’est-à-dire une créature qui l’aimait d’une affection aveugle, irraisonnée, pour croire qu’il réussirait dès son début, que son négoce prendrait peu à peu de l’extension, qu’enfin il ferait fortune !

Ce qui est certain, c’est que, deux mois après l’arrivée des deux enfants dans la capitale de l’Irlande, le quartier de Saint-Patrick possédait un bazar, qui avait le privilège d’attirer l’attention — l’attention et aussi la clientèle du quartier.

N’allez pas chercher ce bazar dans une de ces rues pauvres des