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à travers la louisiade.


En premier lieu, les Papouas parurent à la hauteur de la lisse, en s’arc-boutant aux porte-haubans du grand mât et du mât de misaine. Aussitôt repoussés, ils retombèrent au fond des pirogues.

Du reste, à la lueur des détonations, on avait reconnu l’un d’eux.

C’était le capitan, chef de toute cette bande, venu à bord en vue de cette attaque.

Cependant le nombre des assaillants était si considérable, les forces si disproportionnées, que la situation ne laissait pas d’être des plus graves. Si le capitan et les Papouas envahissaient le pont, le personnel du James-Cook, malgré la supériorité de ses armes, finirait par être accablé. Réduit à se réfugier à l’intérieur du rouf à l’arrière, ou dans le poste à l’avant, il y serait bientôt forcé. Un massacre s’ensuivrait dans lequel tous succomberaient. Impossible d’employer la petite pièce d’artillerie. Excellente lorsqu’il s’agissait de tirer à distance sur une pirogue, elle était sans utilité du moment que les pirogues se trouvaient bord à bord.

D’ailleurs, ils se défendirent avec autant de vigueur que de courage, les passagers et les matelots du James-Cook. Au début, cinq ou six indigènes avaient pu se hisser contre la coque. Les pieds appuyés sur le liston, ils