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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/41

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marchands de viande fraîche, de fruits et de céréales, les rares voyageurs qui s’aventurent par le défilé, au lieu de prendre les railways de Kolosvar et de la vallée du Maros.

Certes, la nature a généreusement doté le bassin qui se creuse entre les monts de Bihar, le Retyezat et le Paring. Riche par la fertilité du sol, il l’est aussi de toute la fortune enfouie dans ses entrailles : mines de sel gemme à Thorda, avec un rendement annuel de plus de vingt mille tonnes ; mont Parajd, mesurant sept kilomètres de circonférence à son dôme, et qui est uniquement formé de chlorure de sodium ; mines de Torotzko, qui produisent le plomb, la galène, le mercure, et surtout le fer, dont les gisements étaient exploités dès le xe siècle ; mines de Vayda Hunyad, et leurs minerais qui se transforment en acier de qualité supérieure ; mines de houille, facilement exploitables sur les premières strates de ces vallées lacustres, dans le district de Hatszeg, à Livadzel, à Petroseny, vaste poche d’une contenance estimée à deux cent cinquante millions de tonnes ; enfin, mines d’or, au bourg d’Offenbanya, à Topanfalva, la région des orpailleurs, où des myriades de moulins d’un outillage très simple travaillent les sables du Verès-Patak, « le Pactole transylvain », et exportent chaque année pour deux millions de francs du précieux métal.

Voilà, semble-t-il, un district très favorisé de la nature, et pourtant cette richesse ne profite guère au bien-être de sa population. Dans tous les cas, si les centres plus importants, Torotzko, Petroseny, Lonyai, possèdent quelques installations en rapport avec le confort de l’industrie moderne, si ces bourgades ont des constructions régulières, soumises à l’uniformité de l’équerre et du cordeau, des hangars, des magasins, de véritables cités ouvrières, si elles sont dotées d’un certain nombre d’habitations à balcons et à vérandas, voilà ce qu’il ne faudrait chercher ni au village de Vulkan, ni au village de Werst.

Bien comptées, une soixantaine de maisons, irrégulièrement accroupies sur l’unique rue, coiffées d’un capricieux toit dont le faîtage dé-