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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/208

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Près du fauteuil, une petite table, recouverte d’un tapis, supportait une boîte rectangulaire.

Cette boîte, longue de douze à quinze pouces, large de cinq à six, dont le couvercle, incrusté de pierreries, était relevé, contenait un cylindre métallique.

Dès son entrée dans la salle, Franz s’aperçut que le fauteuil était occupé.

Là, en effet, il y avait une personne qui gardait une complète immobilité, la tête renversée contre le dos du fauteuil, les paupières closes, le bras droit étendu sur la table, la main appuyée sur la partie antérieure de la boîte.

C’était Rodolphe de Gortz.

Était-ce donc pour s’abandonner au sommeil que le baron avait voulu passer cette dernière nuit à l’extrême étage du vieux donjon ?

Non !… Cela ne pouvait être, d’après ce que Franz lui avait entendu dire à Orfanik.

Le baron de Gortz était seul dans cette chambre, d’ailleurs, et, conformément aux ordres qu’il avait reçus, il n’était pas douteux que son compagnon ne se fût déjà enfui par le tunnel.

Et la Stilla ?… Rodolphe de Gortz n’avait-il pas dit aussi qu’il voulait l’entendre une dernière fois dans ce château des Carpathes, avant qu’il n’eût été détruit par l’explosion ?… Et pour quelle autre raison aurait-il regagné cette salle, où elle devait venir, chaque soir, l’enivrer de son chant ?…

Où était donc la Stilla ?…

Franz ne la voyait ni ne l’entendait…

Après tout, qu’importait, maintenant que Rodolphe de Gortz était à la merci du jeune comte !… Franz saurait bien le contraindre à parler. Mais, étant donné l’état de surexcitation où il se trouvait, n’allait-il pas se jeter sur cet homme qu’il haïssait comme il en était haï, qui lui avait enlevé la Stilla… la Stilla, vivante et folle… folle par lui… et le frapper ?…

Franz vint se poster derrière le fauteuil. Il n’avait plus qu’un pas