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Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/184

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Eh bien ! il chercherait à gagner le mur d’enceinte, et par une des embrasures de la courtine, il essaierait de se glisser au-dehors… Coûte que coûte, il fallait qu’avant une heure, il se fût échappé du burg…

Mais la Stilla… Renoncerait-il à parvenir jusqu’à elle ?… Partirait-il sans l’avoir arrachée à Rodolphe de Gortz ?…

Non ! et ce dont il n’aurait pu venir à bout, il le ferait avec le concours des agents que Rotzko avait dû ramener de Karlsburg au village de Werst… On se précipiterait à l’assaut de la vieille enceinte… on fouillerait le burg de fond en comble !…

Cette résolution prise, il s’agissait de la mettre à exécution sans perdre un instant.

Franz se leva, et il se dirigeait vers le couloir par lequel il était arrivé, lorsqu’une sorte de glissement se produisit derrière la seconde porte de la crypte.

C’était certainement un bruit de pas qui se rapprochaient — lentement.

Franz vint placer son oreille contre le vantail de la porte, et, retenant sa respiration, il écouta…

Les pas semblaient se poser à intervalles réguliers, comme s’ils eussent monté d’une marche à une autre. Nul doute qu’il y eût là un second escalier, qui reliait la crypte aux cours intérieures.

Pour être prêt à tout événement, Franz tira de sa gaine le couteau qu’il portait à sa ceinture et l’emmancha solidement dans sa main.

Si c’était un des serviteurs du baron de Gortz qui entrait, il se jetterait sur lui, il lui arracherait ses clefs, il le mettrait hors d’état de le suivre ; puis, s’élançant par cette nouvelle issue, il tenterait d’atteindre le donjon.

Si c’était le baron Rodolphe de Gortz, — et il reconnaîtrait bien l’homme qu’il avait aperçu au moment où la Stilla tombait sur la scène de San-Carlo, — il le frapperait sans pitié.

Cependant les pas s’étaient arrêtés au palier qui formait le seuil extérieur.